L’histoire d’un paysan bête

0

Pourquoi un paysan si bête était tellement béni par le ciel ?

Durant la dynastie des Qing vivait un paysan riche mais “pas très intelligent”, à tel point qu’il était surnommé « objet débile » par les autres.
Il n’était pas très doué pour gérer ses richesses, mais ne les perdait jamais.
Il ne prenait pas grand soin de sa santé, mais ne tombait pas malade.
Lorsqu’il rencontrait occasionnellement des soucis, ces derniers pouvaient toujours s’arranger d’une manière inattendue.

Une telle chose lui était arrivée : une fois, l’une de ses servantes s’est pendue. Les petits fonctionnaires malveillants du village s’en sont réjouis.
En exagérant l’affaire, ils la rapportèrent à l’administration pour pouvoir se moquer de ce riche paysan. Les responsables, avec de mauvaises intentions, furent impatients également d’aller les rejoindre.

Une fois les gens arrivés, au moment d’examiner le corps de la servante, ses membres se mirent à frémir, à la surprise de tout le monde. Alors que les gens se demandaient ce qui se passait, elle se mit à bailler, à s’étirer, puis se retourna et se leva. La servante que tout le monde croyait morte revenait à la vie.

Ne voulant pas laisser passer l’occasion d’intimider le paysan, les fonctionnaires malveillants cherchèrent alors à l’accuser d’agression envers la servante. Ils essayèrent de pousser cette dernière à témoigner ainsi contre son maître. La servante se prosterna et dit :
« L’épouse et les concubines de mon maître sont toutes belles et élégantes, comment serait-il possible qu’il s’intéresse à une pauvre servante comme moi ? »
« Si une chose pareille se produisait, je serais vraiment contente, pourquoi devrais-je me suicider? »
« La réalité est que mon père a été torturé à mort par le gouvernement sans aucune raison »
« c’est cette douleur insurmontable qui m’a poussé au suicide, et pas autre chose. »
Désemparés par ces paroles, les fonctionnaires finirent par partir.

Des malheurs de ce genre qui arrivaient à ce riche paysan s’étaient souvent arrangés de cette manière imprévue. Les villageois ne comprenaient pas pourquoi un homme si bête était tellement béni par le ciel. Quelqu’un avait essayé de se renseigner auprès d’un ensorceleur à propos de ce riche paysan.

“Ne comprenez-vous pas ?” dit l’ensorceleur, “sa stupidité est à l’origine de tous ses bonheurs.” Il poursuivit :
“Dans sa vie antérieure, cet homme avait été un vieux villageois.”
“Honnête et bienveillant, il ne calculait pas ses gains et ses pertes.”
“Il ne détestait personne et avait toujours été généreux.”
“Lorsque les autres l’insultaient, il ne leur avait pas rendu la même chose ; lorsque les autres le trompaient, il n’avait pas non plus eu l’esprit de vengeance. Attaqué ou blessé, il ne se faisait pas de souci. ”
“Ainsi, bien qu’il soit maigre et mort dans l’obscurité, son gentil caractère a été apprécié par les divinités, ce qui lui a permis d’avoir cette vie actuelle pleine de bonheur.”
“Malgré son apparence débile, il a toujours gardé en lui sa nature bienveillante.”

Ayant trouvé cette histoire captivante, Ji Xiaolan, un grand littéraire de la dynastie Qing, l’avait inscrite dans son œuvre “Notes de la chaumière des observations subtiles”.