Xavier Breton « Inciter le gouvernement à lutter contre le trafic d’organes »

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M. le député Xavier Breton s’exprime sur le rôle que le gouvernement français devrait jouer à l’échelle internationale pour condamner tout ce qui concerne le trafic d’organes et demande à ses collègues parlementaires de se saisir de ce sujet essentiel.

Xavier Breton
Député de l’Ain
Le gouvernement français devrait être le pilote en matière de trafic d’organes
on a dans notre pays 3 principes qui sont la gratuité, l’anonymat, la liberté du consentement, ce sont vraiment des principes fondateurs de tous les mécanismes de dons dans notre pays, donc il faut que l’on y reste vraiment très attachés. Et puis, donc ça si vous voulez c’est en France, mais il y a aussi tout ce qui se passe au niveau du trafic d’organes et notamment au niveau international où là nous ne pouvons pas bien sûr légiférer sur ce qui se passe dans d’autres pays. On n’a pas bien sûr la compétence, mais on peut inciter le gouvernement, notamment à être pilote en la matière, et un des objets de notre, ..de nos amendements c’était effectivement de dire au gouvernement : prenez la tête d ‘un mouvement de condamnation de tout ce qui concerne les trafics d’organes qui peuvent exister sur la planète, donc c’est l’amendement que nous avons défendu avec un certain nombre de mes collègues.

c’est à la fois d ‘inciter le gouvernement à mener une campagne internationale alors, ce n’est pas dans l’ordre de la loi, mais c’est pour créer le débat qu’on l’a fait ! c’est le 1er point , dire au gouvernement il faut absolument que vous soyez, que l’on vous entende plus sur la scène internationale pour dire qu’il y a une violation des droits de l’homme et puis le 2ème point c’est regarder comment, quand arrivent des personnes qui ont pu bénéficier, entre guillemets, de transplantation d’organe à partir de prélèvements qui n’étaient pas consentis, comment on peut aussi sanctionner ceux qui ont été complices de ces, de ce trafic ,
donc là il existe déjà dans notre droit existant, des sanctions mais peut- être qu’elles ne sont pas assez opérationnelles, pas assez efficaces et donc ce qu’on veut c’est créer le débat sur ce sujet. Il y a beaucoup de sujets dans la loi de bioéthique, c’en est un et c’est important qu’il ait toute sa place dans le débat.

Il faut agir contre les prélèvements forcés d’organes en Chine
Journaliste: vous avez entendu par exemple en Chine il y a des prélèvements d’organes sur des pratiquants de Falun Gong ?

Oui ça fait partie des témoignages effectivement que nous avons entendus, on a pu procéder à une série d’auditions avant l’examen de ce projet de loi de révision des lois de bioéthique et il y a eu effectivement des témoignages qui effectivement nous incite à, non seulement à réfléchir, mais à agir.

Prochaine étape : le débat à l’hémicycle à partir du 24 septembre
Ce sera dans l’hémicycle où il faudra bien que l’on soit vigilant pour défendre ces amendements et créer le débat, attendre les réponses du gouvernement sur ce sujet, donc ça va se passer à partir du mardi 24 septembre.

Le trafic d’organes relève bien du domaine de la bioéthique

On est quand même dans le domaine de la bioéthique puisque la bioéthique c’est l’éthique du vivant hein ! et le don d’organe en fait parti, donc peut être qu’il faut au niveau de… d’avoir des dispositions particulières qui soient adoptées dans le texte, on peut le discuter, en tout cas on peut en débattre, et ce n’est pas, on ne peut pas dire : circulez il n’y a rien à voir ! non , voilà ! c’est là-dessus où nous, ce que l’on souhaite, c’est créer le débat, que ce sujet soit connu par nos concitoyens et qu’ils sachent que la France eh bien est pilote dans sa vocation effectivement à défendre les droits de l’homme sur la … bien sûr dans notre pays, mais aussi sur la planète et bien que c’est aussi un des sujets sur lequel on veut travailler, donc, encore une fois c’est pas, à partir du droit français qu’on va régler la question dans tous les pays notamment la Chine, chaque pays a son indépendance, il faut la, voilà, mais il y a quand même un jeu, entre guillemets, diplomatique où il y a des pressions qui se font et il faut que la France prenne toute sa part.

Les députés doivent se saisir du sujet du trafic d’organes
c’est que eux aussi ils soient concernés par cette cause, c’est dire on ne peut pas simplement dire: ça se passe à des centaines, à des milliers de kms de chez nous ; nous sommes tous concernés parce qu’il faut bien voir que d’abord il y a des personnes qui souffrent  de ça et donc c’est normal qu’on ait une, voilà, que, qu’on pense à elles et qu’on fasse ce qu’on peut pour les défendre, et puis attention, trop souvent on entend l’argument : ça se passe à l’étranger donc il faut le faire chez nous; donc attention à ce qu’il n’y ait pas un marché qui arrive au niveau du trafic d’organes et que certains français qui ont plus les moyens enfin etc… veuillent aller dans certains pays, voilà, récupérer entre guillemets, acheter des organes. Encore une fois, on comprend que celui qui est dans une situation de maladie, de souffrance, ait cette tentation mais c’est le rôle de la société de dire non, on ne fait pas ça à tout prix.