Le corps est sacré, un organe prélevé sans consentement est un crime

0
Hervé SAULIGNAC, Député de l’Ardèche, rapporteur dans le cadre du projet de loi bioéthique, le titre II relatif au don d’organes.
En France, le corps il est sacré, il est inviolable, et il ne peut pas y avoir, en aucun cas, un prélèvement d’organe sur une personne qui n’y aurait pas consenti. Donc, ce qui vaut en France, doit évidemment valoir partout dans le monde et y compris en Chine. Et donc il est extrêmement important effectivement de communiquer, d’informer les français, sur ce qui se passe en Chine, c’est-à-dire des organes qui sont prélevés sans consentement, c’est-à-dire sans aucune règle éthique et morale et nous ne devons pas alimenter ces pratiques-là qui sont contraires à nos propres valeurs. Si en France il y a du consentement, on ne peut pas accepter que ailleurs, en Chine et dans d’autres pays, il y ait des organes prélevés sans consentement, donc, oui, nous avons à le dire et à le redire.
Prélever des organes sur des prisonniers, prélever des organes sur des personnes condamnées à mort, c’est évidemment contraire à tous les principes des codes de la santé, contraire au code pénal français, contraire à l’esprit, j’ai envie de dire, du code de la santé publique, donc c’est à l’agence de la biomédecine et nous devons peut-être la conforter de ce point de vue-là, de dénoncer ces dérives, de dénoncer ces risques et de faire en sorte que personne en France n’aille chercher à l’étranger un organe.
Il faut rappeler que le don d’organe est donner un organe puis recevoir un organe, ça n’est pas un geste anodin, cela doit être extrêmement encadré par la médecine et c’est précisément l’objet de ce texte que de mieux encadrer encore le don d’organes et puis, bien entendu, il y a une préoccupation majeure qui est le trafic d’organes, la tentation pour certains mais on peut aussi les comprendre, il y a pénurie d’un certain nombre d’organes, donc la tentation d’aller chercher à l’étranger un organe dont on a besoin parfois très rapidement pour des raisons vitales ; malheureusement on s’expose là à des risques extrêmement importants quand on a recours à un don à l’étranger, puis au-delà des risques sanitaires pour la santé, auxquels on s’expose,  il y a aussi évidemment une dimension éthique c’est-à-dire qu’un certain nombre d’organes sont parfois prélevés à l’étranger dans des conditions qui sont absolument inadmissibles et donc nous avons à le dénoncer et si possible à l’encadrer.